top of page

Comprendre les ingrédients cosmétiques : comment lire et décrypter une liste INCI

  • Photo du rédacteur: L’Équipe Terra di Natura - Expertise & Rédaction
    L’Équipe Terra di Natura - Expertise & Rédaction
  • 13 févr.
  • 7 min de lecture

Choisir un cosmétique aujourd’hui ne se résume plus à sentir un parfum agréable ou à lire une promesse marketing. De plus en plus de consommateurs cherchent à comprendre les ingrédients pour éviter les substances controversées et faire des choix éclairés.

Mais face à une liste INCI en latin, parfois longue de 30 lignes, comment s’y retrouver ?

Cet article vous guide pas à pas.



Qu’est-ce qu’une liste INCI ?

La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) est la nomenclature internationale obligatoire pour tous les produits cosmétiques commercialisés dans l’Union européenne.

Elle est encadrée par le règlement (CE) n°1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, publié par la Commission européenne.


Pourquoi les noms d'ingrédients cosmétiques sont-ils en latin ?

Si vous avez déjà lu une liste INCI, vous avez probablement été surpris par des noms comme Butyrospermum Parkii Butter ou Helianthus Annuus Seed Oil. Ce choix n’est ni marketing ni esthétique : il répond à une logique réglementaire internationale.


1. Les plantes sont mentionnées en latin pour éviter toute ambiguïté

Les ingrédients d’origine végétale sont désignés sur la liste INCI selon leur nom botanique latin officiel.

Exemple :

  • Butyrospermum Parkii Butter = beurre de karité

  • Helianthus Annuus Seed Oil = huile de tournesol

Le latin permet d’identifier précisément l’espèce utilisée. Un même nom commun peut varier selon les pays ou désigner plusieurs plantes différentes. La nomenclature botanique évite ces confusions.

Cette règle est définie dans le cadre de la nomenclature INCI utilisée dans l’Union européenne conformément au règlement (CE) n°1223/2009.


2. Les substances chimiques sont indiquées en anglais

Les molécules synthétiques ou les composés chimiques sont rédigés en anglais, car l’INCI est une nomenclature internationale harmonisée.

Exemples :

  • Sodium Benzoate

  • Citric Acid

  • Glycerin

Ce choix facilite la commercialisation mondiale des produits et évite les erreurs de traduction qui pourraient modifier le sens chimique d’un ingrédient.


3. Les colorants sont identifiés par un numéro CI

Les pigments et colorants sont indiqués par un numéro précédé de CI (Color Index), une classification internationale utilisée dans les cosmétiques, mais aussi dans les encres et textiles.

Exemples :

  • CI 77491 (oxyde de fer rouge)

  • CI 77891 (dioxyde de titane)

Ce système garantit une identification standardisée, indépendante de la langue.


Ce mode de dénomination vise l’exactitude scientifique et l’harmonisation réglementaire.Cependant, il présente une limite : il rend la lecture difficile pour le consommateur non formé.

Un ingrédient peut sembler “chimique” simplement parce qu’il est écrit en latin ou en anglais, alors qu’il s’agit d’une huile végétale très simple. À l’inverse, certains noms techniques peuvent masquer des substances controversées.

Comprendre cette logique est donc la première étape pour décrypter une liste INCI de manière rationnelle, sans se laisser influencer par l’apparence du nom.


Comment lire une liste INCI correctement ?

1. L’ordre des ingrédients est stratégique

Les ingrédients sont classés par ordre décroissant de concentration.

  • Les premiers ingrédients représentent la majeure partie de la formule.

  • En dessous de 1 %, l’ordre peut être libre.

Si l’aloe vera est mentionné en 20e position, il est probablement présent en très faible quantité.


2. Les 5 premiers ingrédients sont essentiels

Ils donnent une vision globale du produit :

  • Base aqueuse (Aqua)

  • Corps gras (huiles, beurres)

  • Tensioactifs (dans les nettoyants)

  • Agents de texture ou solvants

Comprendre cette base permet déjà d’évaluer la qualité globale de la formule.


Comment repérer les ingrédients controversés sur une liste INCI?

Tous les ingrédients autorisés en Europe ont fait l’objet d’une évaluation réglementaire. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont tous exempts de débat scientifique.

Les controverses concernent souvent :


Les perturbateurs endocriniens suspectés

Certaines substances ont été étudiées pour leur potentiel effet hormonal (ex. certains filtres UV ou conservateurs).

Les évaluations sont régulièrement mises à jour par le Scientific Committee on Consumer Safety (SCCS) et l’ANSES.

Il est important de distinguer :

  • suspicion scientifique

  • interdiction réglementaire

  • restriction d’usage


Les allergènes

Les allergènes doivent être mentionnés lorsqu’ils dépassent un certain seuil.

Ils sont fréquents dans :

  • les huiles essentielles

  • certains parfums naturels ou synthétiques

Un produit “naturel” n’est pas automatiquement hypoallergénique.


Les dérivés pétrochimiques

Certains consommateurs souhaitent éviter :

  • PEG

  • silicones

  • huiles minérales

  • polymères synthétiques

Ces ingrédients ne sont pas nécessairement dangereux, mais ils peuvent être critiqués pour leur impact environnemental ou leur faible biodégradabilité.


Naturel, bio, clean : quelle différence ?

Un produit peut être 100 % naturel mais mal toléré, car l’origine végétale ou minérale d’un ingrédient ne garantit ni son innocuité ni son absence d’allergènes.

Certaines huiles essentielles, par exemple, sont naturelles mais contiennent des substances reconnues pour leur potentiel sensibilisant.

À l’inverse, un ingrédient synthétique peut présenter un profil de sécurité solide lorsqu’il est correctement évalué et utilisé dans les concentrations autorisées par la réglementation européenne.

Un produit certifié bio répond à un cahier des charges précis encadrant l’origine des matières premières et certains procédés de fabrication, mais il peut malgré tout contenir des composants susceptibles de ne pas convenir à toutes les peaux.

Quant au terme “clean”, il ne repose sur aucune définition juridique harmonisée : il correspond généralement à une charte interne excluant certaines substances jugées controversées, avec des critères variables selon les marques.

Les labels reconnus comme ceux du référentiel COSMOS ou délivrés par Ecocert apportent un cadre et une traçabilité supplémentaires, mais ils ne remplacent pas l’analyse attentive de la liste INCI, qui reste le seul moyen d’évaluer concrètement la composition d’un cosmétique.


Les applications pour décrypter les ingrédients sont-elles fiables ?

Certaines applications comme Yuka, INCI Beauty ou QuelCosmetic simplifient la lecture des listes INCI en attribuant une note globale ou un code couleur à un produit. Elles ont l’avantage de rendre l’information plus accessible et d’alerter sur certains ingrédients régulièrement débattus.


Toutefois, leurs limites doivent être comprises : la note ne tient généralement pas compte du dosage exact des substances, alors que la toxicologie repose en grande partie sur la concentration et l’exposition ; les algorithmes utilisés ne sont pas toujours entièrement transparents dans leur pondération ; et l’évaluation repose souvent sur une lecture binaire opposant “bon” et “mauvais”, sans intégrer le contexte réglementaire ni les nuances scientifiques.


Ces outils peuvent constituer un premier filtre ou un point de départ pédagogique, mais ils ne remplacent ni la compréhension de la formulation globale d’un produit, ni la consultation des avis scientifiques actualisés.


Méthode pratique pour analyser un cosmétique

  1. Lire les 5 premiers ingrédients

  2. Repérer les conservateurs et parfums

  3. Identifier la fonction des actifs mis en avant

  4. Vérifier la présence d’allergènes si peau sensible

  5. Consulter les avis scientifiques récents si doute


Ce que dit réellement la réglementation européenne

En Europe, la mise sur le marché d’un cosmétique est encadrée par le règlement (CE) n°1223/2009 adopté par la Commission européenne. Ce texte impose qu’un produit fasse l’objet d’une évaluation de sécurité réalisée par une personne qualifiée avant sa commercialisation, sur la base des données toxicologiques disponibles et des conditions normales d’utilisation.

Chaque référence doit également disposer d’un Dossier d’Information Produit (DIP), conservé par la personne responsable et tenu à disposition des autorités compétentes. Avant la mise en vente, le produit doit être déclaré sur le portail européen CPNP (Cosmetic Products Notification Portal), afin de permettre aux autorités et centres antipoison d’accéder aux informations utiles en cas de besoin. Par ailleurs, les substances classées CMR (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) sont en principe interdites, sauf dérogations strictement encadrées après évaluation scientifique.


Ce cadre réglementaire est généralement considéré comme l’un des plus exigeants au niveau international en matière de sécurité des produits cosmétiques.


Pourquoi apprendre à comprendre les ingrédients cosmétiques ?

Le marketing cosmétique peut parfois mettre en avant un actif phare ou une promesse séduisante tout en laissant dans l’ombre la réalité complète de la formule.

Un produit présenté comme “naturel” n’est pas automatiquement synonyme d’innocuité ou de tolérance universelle, pas plus qu’une mention “sans X” ne garantit en soi une meilleure qualité ou une efficacité supérieure.

La performance et la sécurité d’un cosmétique reposent avant tout sur l’équilibre global de sa formulation, les concentrations utilisées et la cohérence entre les différents ingrédients, bien plus que sur la présence d’un ingrédient vedette mis en avant sur l’emballage.


Apprendre à lire une liste INCI permet ainsi de dépasser les arguments commerciaux, d’éviter les raccourcis simplistes et d’acheter avec discernement, sans céder ni aux effets de mode ni aux discours anxiogènes.


Conclusion

Comprendre les ingrédients cosmétiques, ce n’est pas devenir chimiste.

C’est apprendre à lire au-delà des slogans, à analyser une liste INCI avec méthode, et à distinguer débat scientifique et réalité réglementaire.

Une consommation éclairée repose sur l’information.


FAQ – Comprendre les ingrédients cosmétiques


Comment savoir si un ingrédient cosmétique est réellement dangereux ?

Un ingrédient ne peut pas être qualifié de “dangereux” sans tenir compte de sa concentration et de son mode d’utilisation. En toxicologie, le principe fondamental est que c’est la dose qui fait le risque. En Europe, les substances autorisées dans les cosmétiques sont évaluées par le Scientific Committee on Consumer Safety avant leur mise sur le marché. Lorsqu’un doute apparaît dans la littérature scientifique, les concentrations peuvent être restreintes ou l’ingrédient interdit. Pour se faire un avis éclairé, il est préférable de consulter des sources réglementaires ou des avis scientifiques plutôt que de se fier uniquement à des listes circulant sur les réseaux sociaux.


Pourquoi certains ingrédients ont-ils des noms qui paraissent “chimiques” même quand ils sont naturels ?

Un nom complexe ne signifie pas nécessairement qu’un ingrédient est synthétique ou nocif. La nomenclature INCI utilise des dénominations scientifiques standardisées afin d’éviter toute ambiguïté internationale. Ainsi, une huile végétale simple peut porter un nom latin long alors qu’il s’agit d’un ingrédient courant et bien toléré. L’aspect technique du nom reflète une classification scientifique, pas un niveau de danger.


Les mentions “hypoallergénique” ou “testé dermatologiquement” sont-elles des garanties absolues ?

Non. Le terme “hypoallergénique” n’a pas de définition réglementaire strictement harmonisée au niveau européen. Il indique généralement que la formule a été conçue pour minimiser le risque allergique, mais il ne supprime pas toute possibilité de réaction individuelle. “Testé dermatologiquement” signifie qu’un test a été réalisé sous contrôle dermatologique, sans préjuger du résultat sur chaque type de peau. La sensibilité cutanée restant personnelle, un test préalable sur une petite zone reste prudent en cas de terrain réactif.


Faut-il éviter systématiquement les conservateurs dans les cosmétiques ?

Non, car les conservateurs jouent un rôle essentiel dans la sécurité microbiologique des produits contenant de l’eau. Sans eux, le risque de contamination par des bactéries ou des moisissures augmenterait, ce qui pourrait représenter un danger réel pour la peau et les yeux. La réglementation européenne encadre strictement les conservateurs autorisés ainsi que leurs concentrations maximales. La question n’est donc pas leur présence en soi, mais leur nature, leur dosage et leur profil de tolérance.


Une liste INCI courte est-elle forcément meilleure qu’une liste longue ?

Pas nécessairement. Une formule minimaliste peut être pertinente pour certaines peaux sensibles, mais une liste plus longue peut refléter une formulation plus technique visant à stabiliser, protéger ou optimiser l’efficacité du produit. Ce qui compte n’est pas la longueur de la liste, mais la cohérence globale de la composition, l’utilité réelle des ingrédients présents et l’adéquation avec le besoin cutané ciblé.



À propos de l’auteur

L’Équipe Terra di Natura – Expertise & Rédaction

Nos articles sont rédigés en collaboration avec des spécialistes de la cosmétique naturelle, de la santé animale et du bien-être durable. Chaque contenu est vérifié, sourcé et relu par des professionnels passionnés afin d’offrir une information fiable, claire et respectueuse de la nature comme de votre santé.

Chez Terra di Natura, nous croyons qu’une beauté consciente commence par la connaissance. C’est pourquoi nos rédacteurs associent expertise scientifique et approche humaine pour vous aider à choisir des produits vraiment clean, sans greenwashing ni compromis.

Inscrivez-vous maintenant

et OBTENEZ -10% SUR VOTRE PROCHAINE COMMANDE

Restez informé(e) de nos nouveautés et offres spéciales en vous abonnant à la Newsletter.

En vous inscrivant, vous acceptez que Terra di Natura traite vos données personnelles, conformément à sa politique de confidentialité.

Découvrez notre boutique éthique

huile sèche la crème libre cors et visage, terra di natura

Soins Bio pour le corps

Découvrez nos soins d'hygiène et de bien être bio, adaptés à toutes les peaux, même les plus sensibles

shampoing bio démelant et nourrissant, terra di natura

Soins naturels cheveux

Shampoings bio et soins capillaires pour tous les types de cheveux, sans paraben et sans sulfates

lessive à reconstituer naturelle et sans toxiques, terra di natura

Produits d'entretien écologiques

Le ménage oui, mais sans polluer! Découvrez nos produits ménagers sans perturbateurs endocriniens

éponge konjac exfoliante à l'aloe vera, terra di natura

Accessoires zéro déchet

Réduisez vos déchets grâce à nos accessoires lavables et réutilisables fabriqués en France et conçus pour durer

bottom of page