Greenwashing : quand les cosmétiques naturels nous arnaquent
- L’Équipe Terra di Natura - Expertise & Rédaction

- 27 juil. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 janv.
Le marché des cosmétiques dits “naturels” connaît une croissance rapide, portée par une demande légitime : des produits plus sûrs pour la santé et plus respectueux de l’environnement.
Dans ce contexte, le greenwashing (ou écoblanchiment) s’est largement développé, rendant le choix des soins réellement naturels plus complexe qu’il n’y paraît.
Cet article propose une lecture claire et synthétique du phénomène, afin de comprendre comment certaines marques entretiennent la confusion, et surtout comment éviter les produits faussement naturels.
Qu’est-ce que le greenwashing en cosmétique ?
Le greenwashing désigne une stratégie de communication qui consiste à donner une image écologique ou naturelle à un produit, sans que cette promesse soit réellement étayée par sa formulation ou sa fabrication.
En cosmétique, cela se traduit notamment par :
l’utilisation du mot “naturel”, non encadré juridiquement,
la mise en avant d’un ingrédient végétal marginal,
un discours axé sur l’image plutôt que sur la composition réelle.
Ce phénomène s’explique en grande partie par l’absence de cadre réglementaire strict autour de la notion de naturalité.

Pourquoi le greenwashing pose problème
Le greenwashing n’est pas uniquement une question de communication trompeuse : ses conséquences concernent directement la santé des consommateurs, en particulier lorsque des produits présentés comme naturels ne le sont pas réellement.
Pour la santé
Un produit présenté comme naturel peut contenir :
des tensioactifs agressifs,
des conservateurs controversés,
des parfums synthétiques allergisants.
Ces ingrédients sont souvent tolérés par la réglementation, mais pas nécessairement adaptés à un usage quotidien, en particulier sur les peaux sensibles.
Pour l’environnement
De nombreux cosmétiques en greenwashing reposent encore sur :
des emballages plastiques à usage unique,
des ingrédients importés sans traçabilité claire,
des substances peu biodégradables.
Le discours écologique ne s’accompagne alors d’aucun engagement mesurable.
Pour la confiance des consommateurs
La confusion entretenue par le greenwashing nuit à la lisibilité du marché et pénalise les marques réellement engagées, qui investissent dans des formulations plus exigeantes.
Comment repérer un cosmétique faussement naturel ?
Pour identifier un cosmétique en greenwashing, il est essentiel de dépasser l’apparence et d’analyser les éléments de communication utilisés par la marque, à commencer par son discours marketing.
1. Un discours marketing flou
Les mentions telles que “clean”, “green”, “inspiré par la nature” ou “sans…” n’ont aucune valeur réglementaire. Elles ne garantissent ni la qualité des ingrédients ni leur innocuité.
2. Un packaging évocateur mais non probant
Couleurs vertes, éléments végétaux, matériaux imitant le kraft : ces codes visuels ne constituent pas une preuve de naturalité. Seule la composition fait foi.
3. Des labels non reconnus
Un label fiable est délivré par un organisme indépendant et repose sur un cahier des charges précis.
Les références sérieuses incluent notamment :
COSMOS (Organic ou Natural),
Nature & Progrès,
Slow Cosmétique.
Les logos créés par les marques elles-mêmes ne constituent pas une garantie.
Trois réflexes simples pour éviter le greenwashing
Une fois les signaux d’alerte identifiés, le moyen le plus fiable pour éviter le greenwashing reste l’examen de la composition du produit, à travers la lecture de la liste INCI.
1. Lire la liste INCI
La liste INCI classe les ingrédients par ordre décroissant de concentration. Les premiers composants représentent la majeure partie de la formule.
Un ingrédient végétal mis en avant mais placé en fin de liste doit alerter.
2. Ne pas confondre “naturel” et “bio”
La distinction entre cosmétique naturelle et cosmétique bio est souvent source de confusion ; elle mérite d’être clarifiée avant d’aller plus loin.
Naturel : terme non défini juridiquement.
Bio : implique une certification et des contrôles externes.
Un ingrédient peut être “d’origine naturelle” tout en étant fortement transformé.
3. S’appuyer sur des sélections rigoureuses
Lorsque le décryptage des compositions devient trop complexe, il est pertinent de se tourner vers des boutiques spécialisées qui effectuent ce travail de sélection en amont, sur la base de critères transparents et cohérents.
Cadre réglementaire : un flou persistant
Le terme “naturel” n’est pas protégé en cosmétique.
La norme ISO 16128, souvent citée, autorise l’intégration d’ingrédients très transformés tout en les comptabilisant comme “d’origine naturelle”.
Ainsi, un produit peut afficher un fort pourcentage de naturalité tout en conservant une formulation discutable sur le plan dermatologique ou environnemental.
Vers une cosmétique plus cohérente
Une cosmétique réellement engagée repose sur :
des compositions lisibles,
une traçabilité des ingrédients,
des choix de formulation cohérents avec le discours affiché,
une transparence globale, au-delà des simples labels.
Chez Terra di Natura, la sélection ne repose pas uniquement sur la présence d’un label, mais sur une analyse complète : composition, origine des ingrédients, emballage et valeurs de la marque.
Conclusion
Le greenwashing ne relève pas seulement d’un abus marketing : il complique l’accès à une cosmétique plus saine et plus responsable.
Mieux s’informer permet de faire des choix plus éclairés et de soutenir les acteurs qui s’inscrivent dans une démarche réellement cohérente.
Choisir un cosmétique naturel ne devrait jamais relever d’un acte de foi, mais d’une information claire et vérifiable.
FAQ – Tout comprendre sur le greenwashing en cosmétique
Quelle entreprise fait du greenwashing ?
De nombreuses entreprises ont été épinglées pour avoir abusé de la mention “naturel”, que ce soit dans les cosmétiques, l’alimentaire ou même l’énergie. En beauté, des marques comme L'Oréal, Yves Rocher, The Body Shop, ou Garnier ont été régulièrement pointées du doigt pour des campagnes marketing jugées trompeuses.
👉 Pour découvrir une liste d'exemples concrets :🔗 Entreprises et greenwashing : les marques qui se sont faites prendre
Pourquoi dit-on que Yves Rocher fait du greenwashing ?
Yves Rocher utilise un univers visuel très végétal et des slogans comme “la nature est notre avenir”. Pourtant, plusieurs enquêtes ont montré que certains de leurs produits contiennent encore des ingrédients controversés (PEG, sulfates, conservateurs synthétiques), malgré une communication "green".
Le packaging très vert donne une impression de naturalité, mais la formule n’est pas toujours cohérente avec ce discours.
👉 Un exemple parmi d’autres à retrouver dans cette analyse complète :🔗 Greenwashing : exemples concrets de marques qui embellissent la réalité
L’Oréal pratique-t-il le greenwashing ?
Le groupe L’Oréal a lancé plusieurs gammes “green” ou “nature inspired”, mais il reste l’un des acteurs majeurs de la cosmétique conventionnelle. Beaucoup de ses produits utilisent encore des ingrédients issus de la pétrochimie, des silicones ou des parfums synthétiques, tout en surfant sur la vague du "naturel".
Le greenwashing chez L’Oréal se manifeste surtout par le marketing de certaines filiales (ex : Garnier Bio), qui suggèrent des formules ultra clean… alors qu’elles ne le sont pas toujours.
Comment savoir si une marque fait du greenwashing ?
Voici quelques signes à repérer :
Un packaging ultra vert mais une compo floue
Des slogans vagues : “pur”, “clean”, “safe” sans preuves
Une mention “naturel” sans label officiel
Un seul ingrédient naturel mis en avant alors que la formule contient 40 composants
Des pictogrammes inventés par la marque elle-même
En cas de doute, vérifie la liste INCI, la présence d’un label certifié, et la transparence de la marque sur son site.
Un produit peut-il être bio sans label ?
Oui… mais méfiance. Certaines petites marques artisanales ne peuvent pas se payer la certification, ce qui ne veut pas dire que leurs produits ne sont pas qualitatifs. Mais attention : sans label, rien ne garantit l’origine bio des ingrédients, à moins que la marque n’affiche les preuves (analyses, pourcentages précis, traçabilité).
Chez Terra di Natura, même les marques non labellisées doivent respecter un cahier des charges strict : 100 % naturel, traçabilité vérifiée, fabrication éthique.
Le greenwashing est-il puni par la loi ?
Pas vraiment. Il n’existe pas encore de législation claire pour interdire les abus du mot “naturel” en cosmétique. Certaines marques peuvent donc se donner une image écologique sans être sanctionnées, tant qu’elles respectent les formulations légales et les obligations d’étiquetage.
C’est pour cela qu’il est essentiel de s’informer, et de choisir des boutiques engagées et transparentes.






